Dialogue de Bashir Lazhar

28 avril 2017

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Voilà un dialogue que j'ai écrit avec Alex et Baoer, ou nous inventons les répliques des élèves au professeur. Le dialogue est inspiré de Bashir Lazhar d'Evelyne de la Chènelière.

Bashir: Arrêtez, c’est suffisant. Je les replacerai moi-même plus tard. Laissez les pupitres comme ça.

Alice: Non, ils ne sont pas encore parfaits. Mme Lachance aimait les pupitres parfaits! Elle disait que l’on peut seulement réussir dans une classe propre.

Bashir: C’est trop bruyant et nous risquons de déranger les autres classes.

Alice: Mais, monsieur!

Bashir: Laissez-les comme ils sont et asseyez-vous, s’il vous plaît! Silence, s’il vous plaît

[pause]

Bashir: Je… je ne sais pas où vous en êtes dans le programme. Je… nous allons faire une dictée-

Mohammed: Oh! Pas une dictée…

Bashir: Silence, s’il vous plaît! Comme ça, je pourrai me rendre compte du niveau de la classe et vous offrir un enseignement approprié dans les prochains jours.

Alice: Monsieur, s’il vous plaît! Ne nous forcez pas à faire une dictée!

Bashir: Prenez une feuille et un crayon. Il s’agira d’un extrait de La peau de Chagrin de Balzac, œuvre que vous connaissez sans doute…

Mohammed: Non monsieur! Nous avons seulement lu Caillou!

Bashir: Je vous en prie, silence! Bon. Je commence. Je lis l’extrait une première fois pour vous en donner le sens global, puis je reprendrai avec la ponctuation. “Mes onze cents francs devaient suffire à ma vie pendant trois ans, et je m’accordais…”

Alice: Monsieur, doit-on l’écrire maintenant??

Bashir: Non, vous n’avez pas à écrire pour l’instant, écoutez seulement.

Mohammed: Merci monsieur.

Bashir: Je continue. “...et je m’accordais ce temps pour mettre au jour un ouvrage qui pût attirer l’attention publique sur moi, me faire une fortune ou un nom. Je me réjouissais en pensant que j’allai vivre de pain et de lait, comme un solitaire de la Thébaïde, plongé dans le monde des livres et des idées, dans une sphère inaccessible, au milieu de ce Paris si tumultueux, sphère de travail et de silence, où, comme les chrysalides, je me bâtissais une tombe pour renaître brillant et glorieux. J’allais risquer de mourir pour vivre…” Voilà. Je reprends et je vous fais la dictée cette fois.

Alice: Je ne comprends pas, monsieur… Vous l’écrivez maintenant?

Bashir: Non, c’est vous qui écrivez, mais c’est moi qui vous fais la dictée. Je dicte, et vous écrivez.

Alice: Mais, monsieur! C’est trop dur!

Bashir: Silence! Je recommence. “Mes onze cents francs…”

 

[Ding dong]

 

Mohammed: Ouais! La classe est finie!

Bashir: Restez assis! Qu’est-ce que c’est que ça?...

Alice: C’est la récréation, monsieur!

Bashir: La récréation? Déjà?

Alice: Oui! Peut-on y aller?

Bashir: Bon, allez-y! A tout à l’heure. Nous reprendrons la dictée.