La Déshumanisation dans Si C'est un Homme

27 novembre 2016

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La déshumanisation est un processus dans lequel une personne est privée de ses qualités humaines, de sa personnalité et de sa spiritualité. Pendant la deuxième guerre mondiale, ce processus était particulièrement important dans les camps de concentration qui avaient pour but d’exterminer non seulement les personnes détenues, mais aussi de briser leur personnalité et de les réduire à un état de « non-homme » dont la seule perspective était la survie. Si C’est un Homme, de Primo Levi, est un témoignage qui décrit, le plus honnêtement possible, l a vie dans un camp de concentration, plus exactement dans le camp d’Auschwitz 1. Il présente une perspective directe du processus de deshumanisation des prisonniers, du point de vue d’un Juif italien, c’est-à-dire d’un des prisonniers les moins respectés de tous.

Au début du livre, Primo Levi est un jeune italien dans la résistance antifasciste italienne. Il est conduit à un ghetto à Fossoli, puis est déporté en tant que juif, avec 650 autres, à Auschwitz. Les allemands décident d’employer un « traitement de choc » contre les juifs et entament le processus de deshumanisation. Ils mettent les prisonniers dans des wagons de marchandise, leur indiquant qu’ils ne font plus partie du monde humain. Ils les laissent dans le wagon pendant 15 jours sans eau et sans nourriture. En descendant du train, les voyageurs sont triés selon leur âge, leur sexe et leur état de santé, comme des animaux. Ceux qui ne sont pas choisis sont immédiatement envoyés aux chambres à gaz. Entrés dans le camp, les prisonniers subissent une session de destruction de personnalité : leurs geôliers leur prennent leurs habits et leurs effets personnels (montres, nourriture, etc.), ils rasent leurs cheveux et leurs barbes et ils les douchent, et ensuite ils leur tatouent un numéro sur le bras. Après ce processus, les prisonniers n’ont plus de nom, plus de personnalité, de famille, d’emploi, ni de dignité.

Au camp, les SS, les gardiens et les prisonniers privilégiés contribuent à la déshumanisation continue des prisonniers. Les prisonniers n’ont pas le droit de poser des questions (« Ici, il n’y a pas de pourquoi. »), ils ne peuvent pas se lier d’amitié, parce que chacun doit se battre pour soi-même s’il veut survivre et les prisonniers ne peuvent même penser à leur famille ou à leur ancienne vie ; ils n’ont pas le temps. La torture, aussi bien physique que mentale, des prisonniers se poursuit jour et nuit. Les plus forts exploitent les moins forts, qui eux aussi exploitent ceux en dessous d’eux. En dehors d’Auschwitz, dans le camp de travail, les civils traitent aussi les prisonniers comme des animaux et les tuent souvent au travail. Les processus de sélection, aussi bien dans le KB que dans le reste du camp, représentent la déshumanisation la plus totale des prisonniers- en l’espace d’une seconde, un médecin du camp décide qui va vivre et qui va mourir. Ceux qui ne sont pas choisis, tant pis pour e ux- ils ne sont de toute façon pas humains.

Le résultat du processus horrible, mais efficace, de deshumanisation est que les prisonniers vivent dans le présent, sans réfléchir et sans penser, comme des animaux avec l’unique but de survivre. Le plan Nazi a réussi : même s’ils n’ont pas e xterminé tous les juifs du camp, ils ont réduit les prisonniers vivants à des coquilles d’homme sans âme.